Garantie décennale

Assurance décennale couvreur : obligation et garanties

La toiture assure le clos et le couvert du bâtiment : le couvreur est en première ligne de la décennale. Elle est obligatoire et couvre couverture, zinguerie et étanchéité pendant dix ans. Voici ce qu'elle couvre et les tarifs.

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Assurance décennale couvreur
≈ 1 490 €/an
Décennale dès
de responsabilité (art. 1792)
10 ans
1ʳᵉ cause de sinistres décennaux
Infiltrations
sur le clos et le couvert
Obligatoire

Pourquoi la décennale est obligatoire pour un couvreur

La couverture est ce qui met le bâtiment hors d’eau. Un défaut de toiture entraîne des infiltrations qui rendent l’ouvrage impropre à sa destination : le couvreur est parmi les métiers les plus exposés à la décennale.

La loi Spinetta de 1978 impose une assurance décennale à tout constructeur avant l’ouverture de chaque chantier. Les travaux du couvreur touchent directement le clos et le couvert : pose de tuiles, ardoises, zinc et bac acier, zinguerie intégrée, écrans de sous-toiture. En cas de désordre dans les dix ans après réception, sa responsabilité est engagée de plein droit.

Code civil

Article 1792 — la responsabilité de plein droit

« Tout constructeur d’un ouvrage est responsable de plein droit des dommages […] qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou qui […] le rendent impropre à sa destination. » Une toiture qui fuit rend le bâtiment impropre à l’habitation : elle relève pleinement de la décennale.

Depuis la loi Macron (2015), l’attestation de décennale doit figurer sur vos devis et factures. Sans elle, impossible de décrocher un chantier : les donneurs d’ordre et les particuliers l’exigent avant de signer.

Sans décennale

Un risque pénal et patrimonial

Exercer sans décennale expose à 75 000 € d’amende et 6 mois d’emprisonnement (art. L243-3 du Code des assurances). Les infiltrations sont la première cause de sinistres décennaux déclarés : sans assurance, c’est votre patrimoine personnel qui paie la réfection.

Décennale ou biennale : ce qui relève de chaque garantie

La quasi-totalité des travaux de couverture relèvent de la décennale. Quelques éléments dissociables, posés en applique, relèvent de la biennale.

Décennale (10 ans) — indissociable
  • Couverture en tuiles, ardoises, zinc ou bac acier
  • Zinguerie intégrée : noues, chéneaux, solins d’étanchéité
  • Écran de sous-toiture et étanchéité de couverture
  • Toiture-terrasse et son complexe d’étanchéité
Biennale (2 ans) — dissociable
  • Fenêtre de toit (velux) posée en applique, démontable
  • Gouttières pendantes fixées en façade
  • Accessoires de ventilation amovibles
  • Éléments décoratifs de faîtage non structurels

La règle est fonctionnelle : si l’élément assure l’étanchéité ou fait corps avec la couverture, il est indissociable et relève de la décennale. S’il peut être retiré ou remplacé sans toucher à la fonction de couvert, il relève de la garantie de bon fonctionnement (biennale), deux ans.

Le bon réflexe

Un contrat qui couvre décennale et biennale vous évite les trous de garantie sur les accessoires de toiture. C’est la configuration standard pour un couvreur.

Les sinistres couverts par la décennale couvreur

Les infiltrations de toiture sont le sinistre décennal le plus fréquent du BTP. Voici les désordres les plus courants et leur coût de reprise.

SinistreOrigine fréquenteCoût de réparation
Infiltrations généralisées de toiturePose défectueuse, recouvrement insuffisant10 000 – 40 000 €
Défaut d’étanchéité de zinguerieSolin, noue ou chéneau mal réalisé6 000 – 25 000 €
Envol de couverture au ventFixation insuffisante des tuiles ou du bac acier8 000 – 30 000 €
Toiture-terrasse non étancheComplexe d’étanchéité mal posé15 000 – 50 000 €

Fourchettes indicatives de coût de reprise — la couverture concentre les sinistres décennaux les plus fréquents.

Une infiltration ne se limite pas à la toiture : elle dégrade l’isolation, les plafonds, parfois la structure. La décennale finance la réparation intégrale du désordre et de ses conséquences, sans franchise pour le maître d’ouvrage.

Couvreur sous-traitant : faut-il une décennale ?

Juridiquement, seul le constructeur lié au maître d’ouvrage est soumis à la loi Spinetta. En pratique, l’entreprise principale peut se retourner contre vous (action récursoire) si une infiltration provient de votre couverture. Sans décennale, votre patrimoine personnel est directement exposé.

Le conseil

La couverture étant le poste de sinistres n°1, les donneurs d’ordre exigent systématiquement une attestation avant de confier un lot de toiture. Être couvert dès le premier chantier n’est pas négociable.

Comment obtenir votre attestation décennale

  1. 1
    Décrivez votre activité

    Statut, chiffre d’affaires, types de couverture (tuile, ardoise, zinc, étanchéité) et expérience.

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  4. 4
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    Après validation, votre attestation décennale vous est délivrée pour vos devis, factures et chantiers.

Qualification requise
CAP Couvreur ou 3 ans d’expérience professionnelle — vérifiés par l’assureur.
Travail en hauteur
La RC Pro couvre les dommages liés au travail en hauteur (chute d’objets, dégâts au voisinage).
À fournir
Pièce d’identité, justificatif de qualification ou d’expérience, extrait d’immatriculation.
Questions fréquentes

Questions fréquentes sur la décennale du couvreur

La décennale est-elle obligatoire pour un couvreur ?
Oui, sans exception. La couverture met le bâtiment hors d’eau : la loi Spinetta impose la décennale à tout couvreur, et l’attestation doit figurer sur vos devis et factures.
Combien coûte la décennale d’un couvreur ?
La couverture est un métier à risque élevé : comptez dès ≈ 1 490 €/an pour un auto-entrepreneur, et généralement 1 800 à 3 260 €/an pour un artisan, selon le chiffre d’affaires et le type de couverture.
Pourquoi la décennale d’un couvreur coûte-t-elle cher ?
Parce que les infiltrations de toiture sont la première cause de sinistres décennaux déclarés, et que les reprises sont coûteuses (toiture, isolation, plafonds). Ce risque est répercuté sur la prime.
Une fenêtre de toit relève-t-elle de la décennale ?
Un velux posé en applique et démontable peut relever de la biennale (2 ans). Mais dès qu’il est intégré à l’étanchéité de la couverture, il relève de la décennale.
Que couvre la décennale d’un couvreur ?
Les désordres qui rendent le bâtiment impropre à sa destination : infiltrations généralisées, défaut d’étanchéité de zinguerie, envol de couverture, toiture-terrasse non étanche.
La RC Pro est-elle incluse ?
Le plus souvent oui : la responsabilité civile professionnelle, qui couvre les dommages aux tiers pendant vos chantiers (chute d’objets, travail en hauteur), est généralement intégrée au contrat décennale.
Pour aller plus loin

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